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La Presse
Affaires, samedi 20 mars 2004, p. 3

À vos marques, prêts, privé!
Le marquage des routes passe au privé... avec des fonctionnaires!

Paquet, Stéphane

Le gouvernement Charest a lancé son premier partenariat public-privé (PPP) dans le domaine du transport: il s'agit d'un appel d'offres pour le marquage des lignes sur les routes de la grande région de Québec. On est loin des autoroutes à péage. Et huit fonctionnaires sont inclus dans le contrat.

La semaine dernière, le ministère des Transports (MTQ) a publié un appel d'offres pour trouver une compagnie prête à marquer les 4443 km de routes provinciales dans la région de Québec et dans celle de Chaudière-Appalaches, juste en face. Il a ceci de particulier: les huit fonctionnaires qui faisaient le marquage devront être pris en charge par l'entrepreneur privé.

L'appel d'offres va jusqu'à détailler le salaire moyen des employés à reprendre: 16,90 $ l'heure en moyenne actuellement et une moyenne de 17,60 $ pour les cinq années que durera le contrat.

Québec veut passer le contrat au privé pour éviter d'avoir à remplacer de l'équipement. «Il y avait un camion de 800 000 $ à remplacer», explique Isabelle Merizzi, attachée de presse du ministre Yvon Marcoux, pour expliquer la décision de lancer un appel d'offres à ce moment-ci.

Québec espère ainsi réaliser des économies «de 5 à 10 %», précise Mme Merizzi, sur des coûts annuels d'environ 1,5 million de dollars. Mais comment, puisque les conditions des employés restent les mêmes? «L'entrepreneur choisi ne mettra pas d'eau dans la peinture!» lance-t-elle à la blague.

L'entrepreneur pourra toutefois mettre au point de nouveaux types de peintures, pourvu qu'elles répondent aux normes. «Le projet vise, entre autres, à améliorer l'efficacité des matériaux en permettant au fournisseur de se doter ou de mettre au point des produits ou des techniques d'application novatrices», lit-on dans l'appel d'offres.

Il pourra également offrir ses services aux villes de la région, qui effectuent le marquage de leurs routes locales. Cela permettra, croit Québec, d'augmenter la rentabilité du camion-marqueur. Le contrat est décrit comme «une expérience pilote» par l'attachée de presse du ministre Marcoux.

Côté syndical, on est plutôt «mitigé» face à la direction que prend Québec. «À partir du moment où on va faire preuve d'ouverture par rapport au partenariat avec le privé, ils vont ouvrir toute grande la porte», lance Michel Sawyer, le président du Syndicat de la fonction publique du Québec, qui représente 43 000 fonctionnaires québécois.

Dans ces conditions, il se montre soulagé d'avoir réussi à «sauver huit emplois» au MTQ, mais promet que la question de la sous-traitance sera un enjeu crucial de la prochain ronde de négociations avec Québec.

Car Québec annonce déjà ses couleurs. Après les lignes de peinture, le MTQ songe à aller de l'avant avec un autre PPP, l'acronyme à la mode pour partenariat public-privé, à son usine de signalisation de Québec, là où on fabrique les panneaux routiers.

Le parc de véhicules, connu sous le nom de Centre de gestion des équipements roulants, pourrait aussi faire l'objet d'un PPP, affirme Isabelle Merizzi, qui souligne du même souffle que la réflexion n'est pas terminée.

Les autoroutes

Pour les banlieusards, les plus importants PPP sont toutefois ceux de l'autoroute 30 et de la 25, dont la réflexion a été amorcée avant l'arrivée au pouvoir des libéraux. Dans le premier cas, il s'agit de s'associer à un promoteur privé pour construire le tronçon entre Châteauguay et Vaudreuil.

C'est sur ce tronçon que le péage devrait faire son arrivée autour de 2009, selon les dernières estimations du MTQ. L'autre section, entre Sainte-Catherine et Candiac, construite seulement par le public, devrait être terminée un an plus tôt.

Au nord de Montréal, les études sur le pont de l'autoroute 25 sont moins avancées. Le concept du pont devrait être soumis au BAPE, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, d'ici la fin de l'année, soutient Mme Merizzi. «L'échéancier n'est pas encore connu», ajoute-t-elle.

Illustration(s) :

Nadon, Robert
Il n'y a pas que le marquage des routes de la grande région de Québec qui fera l'objet d'un partenariat public-privé. Québec songe aussi à confier à un PPP la confection des panneaux routiers de même que la gestion du parc de véhicules du ministère des Transports.

Catégorie : Économie
Sujet(s) uniforme(s) : Ministères et ministres
Taille : Moyen, 497 mots
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Doc. : news·20040320·LA·0081