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La Presse
Actualités, vendredi 19 mars 2004, p. A8
Eau: le secteur privé attendra
Côté, Charles
Québec - Le gouvernement québécois désire toujours encourager la gestion de l'eau potable par le secteur privé, mais doit retarder ses plans parce qu'il n'a pas encore trouvé le moyen de calculer les coûts de la gestion publique des réseaux d'eau et d'égouts.
«On n'a pas terminé nos travaux, a indiqué la sous-ministre aux Affaires municipales, Manon Charron. La méthode de calcul des coûts de revient qu'on attendait pour 2003 n'est pas encore au point. Le développement des partenariats public-privé va être décalé en attendant.»
La difficulté tient au fait que les coûts varient beaucoup d'une ville à l'autre, dépendant de la qualité de la source, des méthodes utilisées, des infrastructures, etc.
Le ministère des Affaires municipales veut connaître le coût de la fourniture de l'eau par le secteur public avant que les municipalités ne commencent à accorder des contrats de gestion. «Il faut comparer le coût des services du privé avec ceux rendus par le secteur public», a expliqué Mme Charron.
Malgré tout, la participation du privé demeure une priorité pour le gouvernement. «On veut favoriser une implication nouvelle du secteur privé», a-t-elle indiqué. Mme Charron a fourni ces explications hier dans le cadre du Salon des technologies environnementales du Québec. Avec son vis-à-vis du ministère de l'Environnement, Pierre Baril, elle a donné un aperçu de la mise en oeuvre de la Politique de l'eau, adoptée à l'automne 2002 sous le gouvernement péquiste, avec l'appui à l'époque de l'opposition libérale.
La partie municipale de la mise en oeuvre de la politique, qui vise la réfection des réseaux et la diminution de la pollution et des débordements d'égouts, doit coûter 3,4 milliards, dont seulement 1,4 milliard sont déjà prévus dans les budgets publics. Il reste donc 2 milliards à trouver et Québec compte entre autres sur le nouveau programme fédéral-provincial d'infrastructures.
Du côté du ministère de l'Environnement, les travaux sont en cours pour cartographier les eaux souterraines et un projet-pilote en ce sens a commencé dans la vallée de la Châteauguay.
Quant aux eaux de surface, M. Baril, affirme que le «plan de match gouvernemental sera annoncé bientôt». Mais il ajoute qu'il contiendra une redevance «visant tous les usagers de l'eau».
Par ailleurs, dit-il, «toutes les options sont ouvertes pour la protection des rives», des mesures actuellement gérées en collaboration avec les municipalités, mais qui donnent des résultats mitigés, voire nuls, selon les écologistes.
Le milieu agricole est aussi visé. Selon M. Baril, le gouvernement envisage de «subordonner l'aide publique à l'agriculture au respect de critères environnementaux», entre autres quant à l'eau. «On va changer la donne, dit-il. En plaine du Saint-Laurent, on a dépassé à beaucoup d'endroits la capacité du milieu naturel.»
Catégorie : Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Pollution de l'eau; Services publics
Taille : Moyen, 325 mots
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Doc. : news·20040319·LA·0022